|
La procréation avec sperme de donneur (anonyme ou non)
Cette possibilité de fonder une famille est offerte aux femmes, qu'elles soient en couple ou non. Dans les cas les plus courants, la future maman s'adresse à un centre de fertilité et obtient une grossesse via insémination ou fécondation in vitro, à l'aide de sperme en provenance d'un don (anonyme ou non). A la naissance, seule la mère biologique a un lien légal avec l'enfant. Néanmoins, l'adoption de l'enfant par la compagne éventuelle de la maman est possible ultérieurement. Cette adoption intra-familiale confère alors deux parents légaux de même sexe à l'enfant.
IAD :
en construction
Un témoignage sur l’IAD :
A l’époque où j’ai eu recours à l’IAD, les hôpitaux fournissaient du sperme de donneur belge pour les résidentes en Belgique. Ce n’était pas le cas pour les femmes ne résidant pas en Belgique, car le sperme provenait du Danemark.
Ma compagne et moi avons choisi l’AZVUB juste parce que cela a été le premier hôpital à nous donner un rendez-vous le plus rapidement. Et pour nous c’était très important car l’horloge biologique tournait, j’avais alors 37 ans. J’ai eu de la chance car l’insémination à fonctionné la première fois. Ce fut une immense joie mêlée d’une certaine crainte car tout s’est passé très vite et nous n’étions pas prêtes si tôt. Ceci dit, les 9 mois de grossesse nous ont tout de même permis de nous habituer à être de nouveau parents – nous avons chacune un enfant respectivement. Ma compagne a eu un fils en coparentalité et ma fille est née d’une union hétérosexuelle.
Cela nous a donné effectivement le temps pour mettre notre famille au courant de notre beau projet. J’ai prévenu mes frères et sœurs par email puis les ai appelé ensuite pour en discuter avec eux. J’avais envie qu’ils intègrent à leur rythme cette nouvelle pour qu’ils puissent m’en parler ensuite. J’ai préféré écrire une lettre à mes parents issu d’une autre génération (80 ans à l’époque) pour leur annoncer la nouvelle et pour qu’ils s’habituent à notre choix de concevoir notre enfant de cette façon. La réaction de ma famille a somme toute été très positive même si lors des rencontres occasionnelles familiales je pouvais sentir un petit malaise sur notre choix de conception. Lorsque ma compagne a annoncé la nouvelle à sa famille celle-ci a été très bien reçue.
Puis nous avons réunis nos enfants alors âgés de 9 et 10 ans autour de la table à manger un soir et leur avons annoncé la nouvelle. Ma fille s’est jetée dans mes bras en pleurant et le fils de ma compagne a dit : « Mais le bébé, il n’aura pas de papa ! ». Ces 9 mois nous ont vraiment aidé à préparer notre petite cellule familiale à accueillir ce nouvel enfant et aussi à répondre à ce genre de questions. Nous avons passé de longues heures à en discuter tous ensemble.
9 mois plus tard, notre fils naissait par une belle soirée d’automne et depuis il ne cesse de nous encourager à être nous-mêmes. Jamais je n’ai regretté notre choix de conception même si parfois notre différence n’est pas toujours simple à gérer mais d’une façon générale nous avons toujours été très bien accueillies dans les lieux d’accueil pour lui. Nous allions toujours nous présenter en couple, et en général nous étions les pionnières dans les établissements fréquentés. Nos deux enfants le considèrent comme leur petit frère et notre famille large l’a très bien accueilli aussi.
Deux ans plus tard, nous avons décidé de donner un petit frère ou une petite sœur à nos trois enfants. Nous avons repris contact avec l’hôpital pour voir si c’était possible de faire un autre enfant avec le même donneur. L’hôpital nous a dit qu’il allait se mettre en contact avec lui car ce donneur venait juste d’arrêter ses dons. Nous avons beaucoup insisté car cela nous semblait important que notre fils et sa sœur ou son frère puisse avoir ce lien filial. Et un beau jour de juillet, nous avons reçu un coup de fil nous annonçant que le donneur voulait bien revenir pour nous. Du coup la procédure a pu reprendre 6 mois après (période nécessaire pour vérifier la bonne texture du sperme et faire tous les examens médicaux).
Cette second fois, nous avons du attendre la 8è insémination et une dose d’hormones naturelles pour connaître la bonne nouvelle. J’allais avoir 40 ans et on s’était donné un an pour avoir ce second enfant. Le message que je voudrais faire passer ici est d’essayer de ne pas se décourager car lorsque les résultats sont négatifs, c’est difficile de remonter la pente et surtout d’y croire. En septembre, j’apprenais que j’attendais des jumeaux. Ma compagne était folle de joie et moi j’étais affolée. Je pensais déjà aux problèmes matériels et cela me faisait très peur…En octobre, j’ai perdu un des deux fœtus et par un beau jour de printemps notre fille a poussé son premier cri.
Depuis, notre famille recomposée de quatre enfants s’épanouit de jour en jour. Nous accompagnons nos deux enfants sur le chemin de la vie en leur montrant que leur différence est leur force. A l’école, ils sont les seuls à avoir « deux mamans » et quand on pose la question à notre fils : « Il est où ton papa », il répond « Ben, j’ai pas de papa, j’ai deux mamans ».
FIV DO : La Fécondation In Vitro avec Don d'Ovocytes (FIV-DO) (voir la page dédiée à cette situation)
Cette technique, utilisée habituellement pour les femmes ayant des problèmes de fertilité et ne pouvant fournir leurs propres ovules, est également ouverte aux couples de femmes dans plusieurs cpma belges.
Dans un premier temps, les cycles des deux femmes sont synchronisés par la prise de la pilule contraceptive.
Ensuite, l'une subit la stimulation hormonale habituelle d'une FIV, ses ovocytes sont récoltés par ponction puis mis en contact en laboratoire avec le sperme d'un donneur connu ou anonyme.
Quelques jours plus tard, l'autre reçoit le ou les embryons fécondés.
Cette démarche, malgré il faut bien le reconnaître sa lourdeur médicale par rapport à l'IAD, est une possibilité intéressante pour les couples lesbiens voulant partager cette aventure au maximum (l'une donne ses gènes, l'autre porte l'enfant). Les mutuelles belges remboursent 6 cycles de stimulation au même titre que pour les couples hétérosexuels stériles.
Selon la loi belge, la femme qui accouche est considérée comme le parent légal, celle qui a donné ses gènes doit donc adopter (adoption intra-familiale) l'enfant comme tout autre parent homosexuel non reconnu à la naissance.
|