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la gestation pour autrui
Le recours à la mère porteuse (parfois appelé la gestation pour autrui) est une voie explorée par des personnes ne pouvant, pour diverses raisons, porter leurs enfants elles-même. Il s'agit parfois de femmes mais dans le cadre des familles homoparentales, ce sont le plus souvent des hommes célibataires ou en couple souhaitant un lien génétique avec leur progéniture et/ou ne souhaitant pas partager la parentalité avec des personnes extérieure à la famille ainsi crée.
Il n'existe actuellement pas de cadre légal belge concernant cette matière. En conséquence, la pratique, si elle n'est pas encouragée n'est pas interdite (contrairement à la situation dans des pays tels que la Fance ou l'Italie). En cas de problèmes cependant, les personnes impliquées n'ont que peu voire pas de recours juridique dans notre pays.
Certain pays comme les USA, l'Inde ou l'Ukraine disposent d'agences spécialisées en la matière. Le recours à leur services peut-être intimidant (langue, cadre législatif différent, chocs culturels) et onéreux (variable selon les pays et les situations). Il convient dès lors de se renseigner sur les dispositions morales et matérielles de l'agence considérée avant de s'engager. Une agence saine n'hésitera pas à fournir des références de personnes ayant ultérieurement utilisé leurs services et de vous autoriser à les contacter directement.
En Belgique, un couple de même sexe concevant un enfant de cette façon peut faire reconnaître une adoption prononcée à l'étranger par le SPF justice ou procéder ultérieurement à une adoption intra-familiale, ce qui crée les mêmes liens légaux entre le deux parents et l'enfant.
Voici un témoignage vécu :
Recours à la maternité pour autrui (mère porteuse)
UNE BONNE EXPERIENCE AUX USA EN 2008
Eric et moi constituons un couple aux abords très conventionnels : ensemble depuis une quinzaine d’années et mariés aussitôt que ce fût devenu possible, l’idée de fonder une famille et un foyer nous taraudait depuis longtemps.
Nous avons donc commencé à passer en revue les différentes méthodes possibles pour compléter notre famille.
Sur une période d’environ trois ans, nous avons pris des renseignements timides sur les modalités d’une (alors encore légalement impossible) adoption et brièvement et envisagé deux projets de coparentalité. Après l’échec du second, nous nous sommes ensuite, presque par dépit, intéressés à la maternité pour autrui.
Technologie du XXIe siècle oblige, c’est sur le net que nous avons commencé nos recherches. Nous y avons appris que la technologie médicale permet de pratiquer une fécondation in vitro avec le matériel génétique de son choix, d’implanter l’embryon ainsi créé chez une femme fertile, laquelle, au terme d’une grossesse que l’on espère classique, accouchera d’un ou de plusieurs enfants.
De la science fiction, avions-nous d’abord décrété. Le processus paraissait compliqué, long, couteux et peut-être même, nous susurraient de vieux principes judéo-chrétiens bien enfouis, immoral.
Ceci étant, après de longues nuits passées sur la toile à lire le lot d’information suggéré par monsieur Google, le sujet le devenait chaque jour plus familier et de plus crédible.
En septembre 2006, nous avons franchi le pas et cliqué sur la touche « Contact Us » d’une agence californienne spécialisée dans le domaine et particulièrement orientée vers une clientèle homosexuelle.
Notre demande de renseignement fût rapidement honorée par un mail suggérant un rendez-vous téléphonique avec un responsable de l’agence. Me rendant régulièrement aux USA pour le boulot, nous avons organisé un rendez-vous à Los Angeles alors que mon époux était en Belgique, au téléphone. Une heure de conférence plus tard, nous étions tous deux sidérés par l’exercice de vente auquel s’était livré notre interlocuteur. D’après ses dires, l’agence s’occupait de tout et les contacts entre la mère porteuse et les futurs parents se devaient d’être réduit au strict minimum (afin d’éviter les conflits). Il nous a parlé, fort affablement, d’aspects pratiques tels que les assurances pour les non-américains se lançant dans ce type de projets, de coûts (en effet monstrueux) et des modalités (surtout de paiement). A aucun moment, il n’a été question d’émotions, de famille ou d’enfant. Ce monsieur nous proposait un produit, sans doute très convenable et bien ficelé, mais il s’agissait clairement et sans complexe aucun de commerce pur et dur.
Nous avions contacté une autre agence, dans le Massachusetts dont le site web paraissait bien fait. Après un contact téléphonique initial, nous avons eu l’occasion d’aller les rencontrer à l’occasion d’un passage à Boston en Novembre 2006. Quelle différence de ton ! Bien sûr nous avons parlé business, mais les propos étaient étayés d’exemples vécus, la salle remplie de photos de gens heureux et notre interlocuteur, père de deux enfants…grâce à une mère porteuse. Bref, nous avons étés séduits par le fait que les gens travaillant à cet endroit comprenaient vraiment de quoi il en retournait matériellement mais aussi émotionnellement.
Le 25 décembre 2006, nous portions à la boîte aux lettres fixées au mur de notre Delhaize de quartier une grande enveloppe jaune à destination de la Nouvelle-Angleterre, contenant les documents et photos nécessaires au démarrage de notre dossier.
Quelques semaines plus tard, nous avons commencé à recevoir des profils de donneuses d’ovocytes potentielles. Drôle d’impression que de sélectionner la mère biologique de son enfant sur des critères complètements objectifs. Bizarre mais très rigolo finalement. Notre choix s’est porté sur une jeune fille faisant des études d’infirmière. Pour diverses raison, nous avons du changer de donneuse au dernier moment et c’est finalement une jeune artiste sculpteur qui nous a fait une fort belle donation.
Le choix et l’attente de la mère porteuse est bien plus compliqué et long. Point de « catalogue » ici. Il faut reconnaître que le niveau d’implication de cette dernière dans le processus est bien plus intense et les candidates sont donc plus rares. Les femmes recrutées par notre agence pour cette fonction doivent répondre à un profil très strict.
Elles doivent être mariées (ou tout au moins dans une relation stable), avoir au moins un enfant et être matériellement indépendantes. Pas de tabac, d’alcool, de drogues et un examen médical et psychologique est de rigueur avant de pouvoir être accepté dans le programme. Il nous semblait important que notre mère porteuse dispose d’une assurance médicale propre, tant pour sa protection que pour la notre.
Huit mois et une paire de candidates plus tard, Mélissa nous a été présentée. Le coup de foudre fût presque immédiat. Mélissa aime être enceinte, Mélissa aime être utile, Mélissa croît que si elle peut aider des gens à être heureux il est de son devoir de tout faire pour y parvenir si l’occasion lui est donnée. (Elle nous a prouvé ces points en plusieurs occasions avant, pendant et depuis la grossesse qui nous occupe ici). Mélissa a deux charmants enfants (3 et 5 ans à l’époque) et un mari qui quand on lui demande ce qu’il pense du projet de son épouse répond sans sourciller : « Je pense qu’elle est complètement folle mais je l’aime et la soutiens dans tout ce qu’elle souhaite entreprendre ».
De novembre à février, les deux femmes impliquées dans le projet on du se préparer. L’une à produire des ovules et l’autre à être prête à recevoir l’embryon le jour voulu. Pendant ce temps, Eric et moi avons du nous soumettre toute sorte de tests mandatés par l’administration américaine : prises de sang, échantillon d’urine, dépistages divers et bien sûr, un toujours bien titillant spermogramme.
C’est finalement dans les premiers jours de février 2008 que nous nous sommes tous retrouvés dans une clinique de fertilité dans le Connecticut afin de procéder à la production des embryons dans un premier temps et au transfert de deux d’entre eux cinq jours plus tard.
Chacun est ensuite rentré chez soi. Mélissa et Bill en Arizona, nous en Belgique, la donneuse dans son école d’art.
Une semaine plus tard, Mélissa nous appelle pour nous annoncer que le test de grossesse qu’elle vient de s’administrer est positif. Le mois suivant, lors d’un examen gynécologique, on apprendra que les deux embryons ont pris. Nous pensons alors avoir de jumeaux !!
Au mois de mai, nous sommes réunis à Phoenix pour la « grande échographie » au cours de laquelle on apprend le sexe des enfants. On nous apprend malheureusement à cette occasion que l’un des bébés ne sera pas viable, faute de disposer de reins. On nous assure cependant que le survivant est un garçon et qu’il se porte à merveille. Une journée aigre douce, forte en émotions qui a complètement achevé de nous souder à Mélissa et à sa famille.
La grossesse se poursuit et le compte des semaines s’égrène. Nous savons que l’accouchement sera provoqué au plus tard le premier jour de la 38e semaine, Mélissa donnera naissance à notre fils le 26 septembre, le troisième jour de la 37e semaine.
Le personnel de l’hôpital était bien entendu fantastique et parfaitement au courant de la situation. Assister à l’accouchement était une expérience indescriptible. Le protocole a permis que l’un d’entre-nous coupe le cordon ombilical, et que l’autre nourrisse presque immédiatement l’enfant du colostrum récupéré chez Mélissa. Elle a pu ensuite rencontrer l’enfant. Nous sommes ensuite tous restés deux jours à l’hôpital (heureusement la chambre était grande).
A la sortie de l’hôpital, nous avons passé encore deux jours tous ensemble avant de reprendre nos routes respectives. La nôtre nous menait en Californie où nous avions décidé de rester le temps de finaliser la partie administrative consistant à faire reconnaître l’enfant comme étant notre fils… à tous les deux. Ceci a impliqué un passage au tribunal où un juge fort jovial à prononcé l’adoption de l’enfant par celui d’entre nous qui n’était pas réputé en être le père biologique.
Deux avocats, l’un en Arizona et l’autre en Californie, se sont occupés de cela et nous sommes repartis avec un acte de naissance nous mentionnant tous les deux comme seuls parents légaux de notre fils.
Nous sommes rentrés en Belgique depuis et notre fils nous émerveille chaque jour davantage. Il a maintenant deux dents et babille tout le temps. C’est, en ce qui nous concerne, le plus beau bébé du monde et nous sommes des parents comblés, et plein de gratitude pour tous ceux qui nous ont aidés à réaliser notre plus beau rêve.
Pour idyllique que puisse paraître notre histoire, nous nous rendons bien compte que nous avons eu beaucoup de chance. Les choses se sont médicalement bien passé, tout le monde à fait exactement ce qu’il devait, comme il devait et sans coups de théâtre. Nous sommes aussi, pour avoir longtemps vécu aux States, très familiers avec les mœurs américaines. Nous pensons qu’il est important de limiter les risques en essayant de connaître au mieux ses interlocuteurs et de se doter de toutes les assurances possibles. Les américains sont procéduriers mais dans ce cas c’est une qualité car les contrats sont honorés. Il faut cependant bien les lire. La procédure complète a coûté environs cent mille euro, ce qui est parait-il typique et de l’ordre de grandeur qui nous avait été annoncé. C’est en effet une somme folle mais nous ne regrettons pas d’avoir cassé la tirelire (et plus…). Si c’était à refaire ? Absolument et sans rien y changer. D’ailleurs qui sait… Mélissa, avec qui nous avons gardé des contacts fréquents serait partante…
Ci-dessous, un lien vers le site de l’agence que nous avons utilisé et qui à recueilli un témoignage (un peu neuneu et dans un but ouvertement commercial mais avec notre accord) un témoignage dans les semaines qui ont suivi l’accouchement.
http://www.circlesurrogacy.com/surrogate_donor/2008_10_surrogater-mother-melissa_news.html
Le même site dispense aussi quelques informations en français :
http://www.circlesurrogacy.com/francais/index.html
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